Je regarde l'heure une dernière fois sur mon radio réveil, il est 17h50. "Elle" doit repartir dans 24min et je n'ai toujours pas osé lui montrer mon attirance pour elle à cause de ce fichu hérisson qui me gâche parfois la vie. Le temps avait joué contre moi, le temps s'était si vite écoulée avec "Elle", j'aurais tant aimé rester là à la contempler.
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J'avais pourtant eu la journée entière pour faire avancer les choses mais rien n'y fait, ma timidité a toujours le dessus et je n'y arrive pas. "Elle" doit repartir et je n'ai toujours rien fait, mon c½ur se met à battre de plus en plus vite à l'idée qu"Elle" puisse partir et de ne plus pouvoir sentir son parfum...
Nous prenons le chemin de la gare et comme pour accompagner ma tristesse, la pluie vient s'ajouter au temps maussade. Nous arrivons à la gare trempée. "Elle" me dit qu'elle est triste de partir. Je veux lui rétorquer qu'elle va me manquer, que je veux qu'elle reste avec moi, mais rien n'y fait...les mots résonnent en moi et je n'arrive pas à extérioriser mes pensées.
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Quatre minutes. C'est le temps qu'ils nous reste a passer ensemble avant que ce serpent métallique ne l'emporte loin de moi. "Elle" se rapproche un peu plus, j'ai le c½ur qui bat de plus en plus vite. Je réfléchis à toute allure, dans ma tête les idées se bousculent à toute allure afin d'essayer de trouver quelque chose à lui dire qu"Elle" ne s'en aille. Plus que quelques minutes et il sera trop tard, je suis vraiment un imbécile...
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C'est là que tout bascule. Sans plus attendre "Elle" me prends dans ses bras en me disant que je vais lui manquer. Je la prends dans mes bras à mon tour. Le temps semble s'être arrêté autours de nous. Je ne veux plus bouger, je ne veux pas la quitter. Je me sens bien. Puis "Elle" me regarde dans les yeux et là sans crier gare pose ses lèvres sur les miennes. Je l'embrasse à mon tour. Je suis heureux. Là sur le quai de la gare, alors que la pluie s'abat avec intensité sur les voyageurs imprudents, à coté de dizaine d'inconnu, nous sommes là...seuls... L'un dans l'autre dans notre cocon où les seules paroles échangées sont nos regards intenses qui ne veulent pas se quitter.
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"Elle" finit par partir. Je retourne dans mon studio sous les regards intrigués des passants qui se demandent pourquoi un sourire béat s'affiche sur mon visage. Je n'y fais pas attention, les gouttes d'eau ruissellent sur mon visage mais malgré ça je suis heureux.
Lorsque je rentre chez moi je reçois un message d "Elle" me disant qu'elle espère ne pas m'avoir brusqué sur le quai avec ce baiser. Je m'empresse de lui répondre. Là, seul, allongé sur mon lit je respire calmement. Je repense à ce baiser, je revois son regard, ses gestes, son sourire. Là seul sur mon lit, je m'endors tranquillement pour la première fois depuis des semaines.